Les sept facteurs qui font le prix

1. Le catalogue

Ce n’est pas le nombre de produits qui compte le plus, c’est leur structure. Cinq mille produits simples se migrent plus facilement que trois cents produits à déclinaisons multiples, avec des champs spécifiques, des prix dégressifs et des règles de disponibilité par pays.

Questions qui changent le prix : combien de variantes par produit ? Des champs personnalisés ? Des produits configurables ? Des tarifs par groupe de clients ?

2. Les fonctionnalités sur mesure

Le poste le plus variable. Chaque comportement spécifique de votre boutique actuelle doit être soit retrouvé dans un équivalent, soit redéveloppé. Un configurateur de produit, un système de points de fidélité, une logique de livraison particulière, un espace revendeur : chacun est un projet en soi.

C’est ici que les devis divergent le plus. Certains chiffrent « la migration », d’autres « la migration et la reconstruction fonctionnelle ». Ce n’est pas le même travail.

3. Les intégrations

ERP, logiciel de comptabilité, transporteurs, fournisseurs en flux tendu, marketplaces, outil d’emailing. Chaque connexion doit être refaite sur la nouvelle plateforme, testée, et parfois entièrement repensée quand l’équivalent n’existe pas.

Une boutique isolée se migre bien plus facilement qu’une boutique au centre d’un système d’information.

4. Le design

Trois niveaux, trois budgets : reprendre le design à l’identique (plus long qu’on ne croit, car il faut reproduire des comportements précis), l’adapter au nouveau thème (le meilleur rapport coût/résultat dans la plupart des cas), ou en profiter pour refondre (autre projet, autre budget).

5. Le SEO et les redirections

Souvent sous-estimé, parfois absent des devis. Inventaire des adresses, matrice de correspondance, redirections, reprise des métadonnées, données structurées, surveillance après bascule. Sur une boutique de plusieurs milliers de pages, c’est un chantier à part entière — et c’est celui dont l’absence coûte le plus cher après coup. Voir migrer sans perdre son SEO.

6. La reprise de l’historique

Clients, commandes, avis, points de fidélité, factures. Techniquement faisable dans la plupart des cas, mais le volume et la qualité des exports disponibles changent tout. Certaines plateformes n’exportent pas tout — et ce qui n’est pas exportable doit être récupéré autrement, ou abandonné en conscience.

7. Les tests

Le poste qu’on rogne quand le budget serre, et celui qu’il ne faut jamais rogner. Parcours d’achat complet, moyens de paiement réels, emails transactionnels, cas limites, appareils variés. Une migration insuffisamment testée coûte plus cher en incidents après mise en ligne qu’elle n’aurait coûté en tests.

Les postes qu’on oublie systématiquement

Ceux-là n’apparaissent dans aucun devis rapide, et ce sont eux qui créent les mauvaises surprises.

L’environnement de préproduction. Un serveur, une configuration, un accès protégé. Ce n’est pas énorme, mais ce n’est pas gratuit — et travailler sans est irresponsable sur une boutique qui vend.

La reprise des données de dernière minute. Entre le début du projet et la bascule, votre boutique continue de vendre. Les commandes, clients et modifications de catalogue de cette période doivent être resynchronisés au moment du basculement. Cela demande un outil, et du temps.

Les emails transactionnels. Confirmation de commande, expédition, réinitialisation de mot de passe. Ils doivent être reconstruits, testés, et leur délivrabilité vérifiée. Un email de confirmation qui part en indésirable, c’est du support client en plus, tous les jours.

La formation. Vos équipes connaissaient l’ancien back-office. Prévoyez du temps d’accompagnement, ou vous passerez les trois premiers mois à répondre aux mêmes questions.

La documentation. Comment fonctionne ce qui a été développé sur mesure, où sont les réglages, quoi faire en cas de problème. Sans elle, vous êtes captif du prestataire.

La période de surveillance. Les deux à quatre semaines après la bascule où l’on corrige les 404 apparues, on ajuste, on répond aux imprévus. Elle doit figurer au devis.

Comment obtenir un devis fiable

Commencez par un audit. Quelques heures d’analyse de l’existant permettent de chiffrer sérieusement. Un prestataire qui refuse cette étape et annonce un forfait immédiat prend un pari — et c’est rarement lui qui le perd.

Préparez la liste de ce qui doit fonctionner. Pas une liste de fonctionnalités techniques : une liste de situations concrètes. « Un client professionnel doit voir ses tarifs remisés », « une commande de plus de 100 € déclenche la livraison offerte », « les stocks se synchronisent avec notre logiciel chaque nuit ». C’est cette liste qui permet de chiffrer juste.

Exigez le détail par poste. Un devis en une ligne ne permet ni de comparer, ni d’arbitrer. Avec un détail, vous pouvez décider de reporter tel développement à plus tard.

Demandez ce qui n’est pas inclus. C’est la question la plus utile, et celle qu’on pose le moins. Les écarts entre deux devis viennent presque toujours de là.

Méfiez-vous des écarts énormes. Si une proposition est trois fois moins chère qu’une autre, ce n’est pas la même prestation. Lisez ce qui manque : c’est généralement le SEO, les tests, ou la reprise de l’historique.

Faire baisser le coût intelligemment

Il existe de bonnes et de mauvaises façons de réduire la facture.

Bonnes idées :

  • Faire le ménage avant. Un catalogue nettoyé de ses produits obsolètes et de ses doublons se migre plus vite. Ce travail, vous pouvez le faire vous-même.
  • Accepter le thème standard adapté plutôt qu’une reproduction pixel par pixel de l’existant.
  • Reporter les fonctionnalités secondaires. Migrez d’abord ce qui fait vendre, ajoutez le reste ensuite.
  • Préparer vos contenus en interne : textes de catégories, descriptions, images.
  • Limiter la reprise d’historique à ce qui sert vraiment — les commandes des deux dernières années plutôt que dix ans d’archives.

Mauvaises idées :

  • Supprimer le SEO du devis. L’économie la plus chère qui soit : vous la payez en trafic perdu pendant des mois.
  • Réduire les tests. Vous transférez le coût sur votre service client et sur vos clients eux-mêmes.
  • Se passer de préproduction. Migrer directement en production, c’est jouer votre chiffre d’affaires sur un coup de dé.
  • Choisir le moins-disant sans lire. Un devis trop bas cache une prestation incomplète, et les compléments se facturent au prix fort.

Et si la migration n’était pas nécessaire ?

C’est la question que je pose systématiquement avant de chiffrer, et elle fait parfois perdre le projet. Tant pis.

Beaucoup de migrations sont décidées sur des symptômes qui n’ont rien à voir avec la plateforme : « le site est lent » (souvent réparable en l’état), « on ne peut rien modifier » (parfois une question de droits ou de compétence disponible), « le SEO ne décolle pas » (rarement imputable à la plateforme elle-même).

Changer de plateforme dans ces cas-là revient à payer très cher pour retrouver les mêmes problèmes ailleurs — avec en prime le risque d’une migration.

Un diagnostic à 150 € qui conclut « ne migrez pas, corrigez ces quatre points » est le meilleur investissement possible. Quand la migration est réellement justifiée, le même diagnostic sert de base au chiffrage.

Checklist

  • Faire auditer l’existant avant de demander un chiffrage
  • Lister les situations concrètes qui doivent fonctionner après migration
  • Nettoyer le catalogue en amont
  • Exiger un devis détaillé par poste
  • Demander explicitement ce qui n’est pas inclus
  • Vérifier que le SEO et les redirections figurent au devis
  • Vérifier que la préproduction et les tests sont prévus
  • Prévoir la reprise des données de dernière minute
  • Inclure une période de surveillance après la bascule

Questions fréquentes

Quel est votre prix de départ ?

À partir de 600 € TTC entre Shopify et WooCommerce, 650 € TTC depuis ou vers PrestaShop, et 400 € TTC pour passer de PrestaShop 8 à 9. Au-delà, je ne donne pas de fourchette : deux boutiques du même nombre de produits peuvent demander des charges de travail incomparables selon leurs fonctionnalités et leurs intégrations. Le montant final est fixé dans un devis ferme, après audit.

Combien de temps dure une migration ?

De quelques semaines à plusieurs mois selon la complexité. Le catalogue se migre vite ; ce sont les fonctionnalités sur mesure, les intégrations et les tests qui prennent du temps.

Puis-je migrer moi-même pour économiser ?

Les outils d’import automatique existent et fonctionnent correctement pour les données simples. Ce qu’ils ne font pas : la reconstruction fonctionnelle, les redirections, la reprise des métadonnées, les tests. C’est là que se trouve l’essentiel du travail, et c’est là que se jouent vos ventes après la bascule.

Le prix est-il ferme ?

Chez moi, oui, après audit. C’est justement l’intérêt de l’audit : il supprime l’incertitude qui justifierait des dépassements. Si le périmètre change à votre demande en cours de projet, cela fait l’objet d’un avenant discuté avant, pas d’une surprise à la facture.

Faut-il payer en plusieurs fois ?

C’est l’usage sur un projet de cette taille : un acompte au démarrage, des jalons intermédiaires, un solde à la livraison. Cela protège les deux parties et cadre l’avancement.